Senin, 10 Februari 2020

Considrations morales : Prcd de Pour dire au revoir Hannah (1907-1975)

Category: Livres,Sciences humaines,Philosophie

Considrations morales : Prcd de Pour dire au revoir Hannah (1907-1975) Details

Est-ce que notre aptitude à juger, à distinguer le bien du mal, le beau du laid, est dépendante de notre faculté de penser ? Tant d'années après le procès Eichmann, Hannah Arendt revient dans ce bref essai, écrit en 1970, à la question du mal. Eichmann n'était ni monstrueux ni démoniaque, et la seule caractéristique décelable dans son passé comme dans son comportement durant le procès et l'interrogatoire était un fait négatif : ce n'était pas de la stupidité mais une extraordinaire superficialité. Une curieuse et authentique inaptitude à penser. La question que Hannah Arendt pose est : l'activité de penser en elle-même, l'habitude de tout examiner et de réfléchir à tout ce qui arrive, sans égard au contenu spécifique, et sans souci des conséquences, cette activité peut-elle être de nature telle qu'elle conditionne les hommes à ne pas faire le mal ? Est-ce que le désastreux manque de ce que nous nommons conscience n'est pas finalement qu'une inaptitude à penser ?

Reviews

Le livre, de 80 pages environ, dbute par l'hommage admiratif de Mary McCarthy Hannah Arendt paru quelques mois aprs sa mort, qui brosse un portrait de l'auteur et replace l'essai suivre au sein de son oeuvre ou plus prcisment de ses proccupations philosophiques.Ds le dbut du texte, l'auteur place sa reflexion sur le terrain de la "considration morale" car celui-ci prend pour point de dpart la question du Mal et les reflexions faites l'occasion du procs du nazi Eichmann.La premire partie nous amne nous interroger sur l'autorit du sens, les dangers de la mtaphysique des "vrits ternelles". "La pense n'aboutit rien concrtement, de par sa nature." "Une rponse, s'il en existe une, ne peut provenir que de l'activit de penser [] ce qui signifie que nous devons remonter aux expriences plutt qu'aux doctrines."La deuxime partie s'oriente principalement autour de la manire de philosopher de Socrate, avec les trois mtaphores du "taon", de la "sage-femme" et des "vents invisibles de la pense". Avec nouveau le danger de "la qute du sens qui, implacablement, dissout et fond chaque fois les doctrines et les rgles acceptes, peut tout moment se retourner contre elle-mme et produire un renversement des vieilles valeurs." "Le danger vient du dsir de trouver des rsultats qui rendraient superflu un plus de pense."Enfin, partir des quelques noncs positifs de Socrate, la troisime partie nous suggre les prdispositions ncessaires une pense consciente, au "dialogue de la pense" au "deux-en-un", utilisant "l'altrit et la pluralit". Celle-ci se termine par la conclusion morale que "la manifestation du vent de la pense n'est pas la connaissance ; c'est l'aptitude discerner le bien du mal, le beau du laid."

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