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La crise du monde moderne Details
«Un des caractères particuliers du monde moderne, c'est la scission qu'on y remarque entre l'Orient et l'Occident. Il peut y avoir une sorte d'équivalence entre des civilisations de formes très différentes, dès lors qu'elles reposent toutes sur les mêmes principes fondamentaux, dont elles représentent seulement des applications conditionnées par des circonstances variées. Tel est le cas de toutes les civilisations que nous pouvons appeler normales, ou encore traditionnelles ; il n'y a entre elles aucune opposition essentielle, et les divergences, s'il en existe, ne sont qu'extérieures et superficielles. Par contre, une civilisation qui ne reconnaît aucun principe supérieur, qui n'est même fondée en réalité que sur une négation des principes, est par là même dépourvue de tout moyen d'entente avec les autres, car cette entente, pour être vraiment profonde et efficace, ne peut s'établir que par en haut, c'est-à-dire précisément par ce qui manque à cette civilisation anormale et déviée. Dans l'état présent du monde, nous avons donc, d'un côté, toutes les civilisations qui sont demeurées fidèles à l'esprit traditionnel, et qui sont les civilisations orientales, et, de l'autre, une civilisation proprement antitraditionnelle, qui est la civilisation occidentale moderne.»René Guénon.

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La lecture de l'oeuvre de René Guénon nous fait comprendre que la vision du monde héritée de notre société est fondamentalement erronée. Par elle, les yeux d'Ezéchiel sont ouverts. Cette lecture a pour fonction de répondre à une quête spirituelle antérieure. La crise du monde moderne, de René Guénon, ouvrage publié en 1927, trouve son développement définitif dans Le règne de la quantité et les signes des temps, publié en 1945. Le premier de ces ouvrages constitue, avec Orient et Occident, une critique générale des valeurs régissant le monde moderne, du point de vue de la tradition primordiale. Le deuxième de ces ouvrages décrit dans son intégralité l'ensemble du processus métahistorique ayant conduit le monde occidental moderne dans une direction contre-initiatique, ou anti-traditionnelle, allant à rebours de son développement légitime. René Guénon nous montre que cette situation de crise n'est pas accidentelle, mais qu'elle constitue, au contraire, le point d'orgue d'une déviation civilisationnelle qui remonte précisément à l'Atlantide. Après la destruction cataclysmique de cette dernière, l'Egypte pharaonique rassembla les connaissances ésotériques éparses de cette tradition atlantéenne, dont la fin ne fut que la conséquence d'une déviation civilisationnelle, due à un développement trop exclusif de connaissances d'ordre essentiellement cosmologique, au détriment de la métaphysique et de la spiritualité pure. Or, dans la suite des temps, devait de nouveau réapparaître, en Occident, cette contre-tradition archaïque, qui allait cette fois se développer à l'encontre, et à rebours des religions révélées, d'origine divine. Cette contre-tradition agissant dans l'ombre, comme le moteur secret d'un monde réellement inversé - tel un Chakravarti à rebours. Il s'agit d'une généalogie de la métahistoire, d'une portée prophétique, eschatologique et apocalyptique, renvoyant le lecteur à la lecture attentive de l'Apocalypse de Saint-Jean. Le regard ainsi porté sur le monde actuel est en même temps subversif. A l'aide de repères intellectuels essentiels, René Guénon nous donne une vue d'ensemble de la destinée du monde moderne. Ces deux ouvrages forment un préalable initiatique indispensable pour aborder les ouvrages doctrinaux plus fondamentaux, portant sur l'exposé des principes métaphysiques eux-mêmes, qui ne s'adressent pas nécessairement à tous les publics. Dans La crise du monde moderne, René Guénon démontre la totale vacuité des valeurs du monde moderne, en suivant un enchaînement logique, inéluctable, d'une lucidité magistrale : l'individualisme, l'illusion démocratique (le peuple ne peut pas être la source d'un pouvoir auquel il est de fait soumis), l'illusion du progrès (d'un monde matériel à rebours du spirituel), l'évolutionniste (qui est une mythologie matérialiste), le chaos social, l'envahissement occidental... Nous constatons que l'état du monde actuel est essentiellement descendant, ou centrifuge, et ne peut être décrypté que comme procédant d'un éloignement progressif à partir du principe causal de la manifestation universelle. Comme l'indique la tradition primordiale, avec les quatre âges de l'humanité, dans les Puranas hindous, nous sommes depuis longtemps au terme du Kali-Yuga (l'âge de fer de l'Antiquité, et dans la Bible, le Livre de Daniel). Ainsi, comme nous le rappelle René Guénon, la fin de ce monde n'est jamais et ne peut jamais être autre chose que la fin d'une illusion.


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